Ophidiophobie (peur des serpents) : définition, causes, fréquence et comment la vaincre

Dans cet article
  1. Que veut dire ophidiophobie ?
  2. Comment prononcer ophidiophobie ?
  3. Comment s'appelle la peur des serpents ?
  4. Pourquoi tant de gens ont-ils peur des serpents ?
  5. Quels sont les symptômes de l'ophidiophobie ?
  6. Quelles sont les causes de l'ophidiophobie ?
  7. L'ophidiophobie est-elle fréquente ?
  8. Suis-je ophidiophobe ? Une auto-évaluation rapide
  9. Comment vaincre l'ophidiophobie
  10. La réalité virtuelle peut-elle aider contre la peur des serpents ?
  11. FAQ
Illustration d'une prairie ensoleillée et fleurie, avec au loin un petit serpent calme posé sur un rocher chaud.

L’ophidiophobie, c’est la peur des serpents : une peur intense et durable des serpents, disproportionnée par rapport au danger réel, qui pousse à les éviter, parfois même en photo ou à la télévision. C’est une phobie spécifique de type animal, comme la peur des araignées ou des oiseaux, et l’une des peurs les plus répandues : les serpents font partie « des cibles les plus courantes des peurs et des phobies », selon LoBue et DeLoache (Psychological Science, 2008).

Cet article est une information générale, pas un avis médical. Si la peur des serpents gêne votre vie quotidienne, parlez-en à votre médecin ou à un psychologue formé aux thérapies cognitives et comportementales (TCC). Les serpents sauvages peuvent être dangereux : rien ici n’invite à s’en approcher.

Que veut dire ophidiophobie ?

Ophidiophobie signifie « peur des serpents ». Le mot associe le grec ophis, « serpent », et -phobie, « peur », selon le Wiktionary, qui donne aussi la forme courte ophiophobie. La même racine a donné ophidien, « qui concerne les serpents ».

Comment prononcer ophidiophobie ?

On dit o-fi-dio-fo-bi. Le début se prononce comme ophidien, que le Wiktionnaire transcrit \ɔ.fi.djɛ̃. Celui qui en souffre est ophidiophobe.

Comment s’appelle la peur des serpents ?

La peur des serpents s’appelle l’ophidiophobie (ou ophiophobie). On parle aussi plus simplement de phobie des serpents. Certaines personnes craignent surtout certains serpents, comme les grands constricteurs ou les espèces venimeuses, d’autres surtout leur façon de se déplacer, leurs mouvements brusques, leur peau ou l’idée d’en toucher un.

Pourquoi tant de gens ont-ils peur des serpents ?

Les serpents occupent une place à part dans la peur humaine. La recherche évoque une prédisposition à apprendre cette peur plutôt qu’une peur innée :

  • adultes et enfants d’âge préscolaire repèrent un serpent parmi d’autres images plus vite que des fleurs, des grenouilles ou des chenilles (LoBue et DeLoache, Psychological Science, 2008) ;
  • des bébés de 9 à 10 mois ne réagissaient pas différemment à des films de serpents, mais des bébés de 7 à 18 mois associaient facilement des serpents en mouvement à une voix effrayée, ce qui suggère une tendance naturelle à associer serpents et peur (DeLoache et LoBue, Developmental Science, 2009) ;
  • les psychologues Öhman et Mineka (Psychological Review, 2001) décrivent un « module de la peur » hérité de l’évolution, déclenché vite et automatiquement par les menaces qui comptaient pour nos ancêtres, comme les serpents, et difficile à désactiver par le raisonnement ;
  • certains chercheurs vont plus loin et proposent que les serpents aient façonné l’évolution du système visuel des primates (Isbell, Journal of Human Evolution, 2006) ; c’est une hypothèse, pas un fait établi.

Rien de tout cela ne rend la phobie inévitable. Une prédisposition à apprendre une peur n’est pas une peur impossible à désapprendre.

Quels sont les symptômes de l’ophidiophobie ?

Les symptômes apparaissent près d’un serpent, à la vue d’une image, ou rien qu’en y pensant. Le NHS, le service de santé britannique, décrit les symptômes typiques d’une phobie :

  • des vertiges ou une sensation de tête légère, un cœur qui bat fort ou de façon inhabituelle, une oppression dans la poitrine ;
  • des nausées, des tremblements ;
  • une anxiété intense, et une peur intense de s’évanouir, de perdre le contrôle ou de mourir.

Vient ensuite l’évitement : renoncer aux balades à la campagne, scruter l’herbe, quitter la pièce quand un documentaire montre un serpent, éviter les zoos et les animaleries. La peur peut sembler envahissante même quand on sait qu’aucun serpent n’est à proximité.

Quelles sont les causes de l’ophidiophobie ?

Il n’y a pas de cause unique connue. Le Manuel MSD indique que les causes des phobies sont inconnues. Le NHS rappelle que beaucoup de phobies sont liées à un événement effrayant, comme une expérience marquante avec un animal dans l’enfance, et qu’une phobie peut aussi s’apprendre auprès de proches qui en souffrent. Avec les serpents, la prédisposition décrite plus haut rend sans doute cette peur plus facile à acquérir.

Quelle que soit l’origine, l’évitement l’entretient : chaque fuite soulage, et ce soulagement apprend au cerveau que fuir était nécessaire.

Le cercle de l’évitementL’exposition casse la boucle à l’étape 31Déclencheurun serpent à l’écran ou derrière une vitre2La peur montele cœur s’emballe3Évitementvous détournez le regard ou partez4Soulagement brefla peur retombe un moment5La peur resterien n’a changé ensuite
  1. 1Déclencheurun serpent à l’écran ou derrière une vitre
  2. 2La peur montele cœur s’emballe
  3. 3Évitementvous détournez le regard ou partez
  4. 4Soulagement brefla peur retombe un moment
  5. 5La peur resterien n’a changé ensuite
  6. et la boucle recommence
Éviter les serpents soulage vite, ce qui apprend au cerveau que la fuite vous a protégé : la peur reste intacte la fois suivante.

L’ophidiophobie est-elle fréquente ?

Il n’existe pas de chiffre mondial fiable pour la seule peur des serpents. Les grandes enquêtes comptent généralement les phobies spécifiques ensemble. Ce que l’on sait :

  • sur 25 enquêtes menées dans 22 pays, environ 7,4 % des adultes ont eu une phobie spécifique au cours de leur vie, le plus souvent apparue dans l’enfance (Wardenaar et coll., Psychological Medicine, 2017) ;
  • les peurs et phobies du vide et des animaux sont les plus fréquentes (Eaton et coll., The Lancet Psychiatry, 2018) ;
  • dans une étude de population suédoise, les phobies animales, définies comme celles des araignées et des serpents, concernaient 12,1 % des femmes et 3,3 % des hommes au moment de l’enquête (Fredrikson et coll., Behaviour Research and Therapy, 1996).

Suis-je ophidiophobe ? Une auto-évaluation rapide

Ce n’est pas un test et cela ne permet aucun diagnostic. Cette liste reprend le résumé des critères du DSM-5-TR pour la phobie spécifique dans le Manuel MSD, et sert seulement à vous aider à décider d’en parler à un professionnel.

Cochez ce qui vous correspond

Ceci n'est pas un diagnostic. Si vous avez coché la plupart des cases, ou si cette peur vous pèse, parlez-en à votre médecin ou à un psychologue formé aux TCC. Seul un professionnel peut évaluer une phobie.

Comment vaincre l’ophidiophobie

La méthode la mieux validée pour vaincre la peur des serpents est l’exposition progressive, au cœur des thérapies cognitives et comportementales : on s’approche des serpents par petites étapes sans danger, des dessins et photos aux vidéos puis à des serpents inoffensifs derrière une vitre, on reste assez longtemps pour constater que ce qu’on redoute n’arrive pas, et on recommence. Selon le Manuel MSD, la thérapie d’exposition aide environ 85 % des personnes atteintes d’une phobie spécifique.

Pour la phobie des serpents en particulier, un essai randomisé auprès de 30 patients a comparé un traitement en une séance de trois heures avec un thérapeute et un programme d’autoassistance guidé sur internet : au suivi, 100 % de ceux qui avaient terminé la séance unique et 90 % de ceux qui avaient terminé le programme en ligne allaient nettement mieux lors d’un test d’approche réel (Andersson et coll., Cognitive Behaviour Therapy, 2013).

Notre guide pas à pas explique comment construire une échelle de peur sans danger, combien de temps rester, à quel rythme s’entraîner et quand se faire aider : Comment vaincre la peur des serpents.

La réalité virtuelle peut-elle aider contre la peur des serpents ?

La réalité virtuelle permet de rencontrer un serpent à la distance et au rythme choisis, avec une sortie à tout moment et sans animal réel. Pour les phobies spécifiques en général, une méta-analyse de 30 essais randomisés a trouvé l’exposition en réalité virtuelle aussi efficace que l’exposition réelle (Carl et coll., Journal of Anxiety Disorders, 2019). La réserve honnête : ces essais portent surtout sur la peur du vide, des araignées et de l’avion, pas sur les serpents. Pour en savoir plus : pourquoi la réalité virtuelle marche contre les phobies (en anglais).

FAQ

Qu’est-ce que l’ophidiophobie ?

L’ophidiophobie est la peur des serpents : une peur intense et durable des serpents, disproportionnée par rapport au danger réel, qui pousse à l’évitement. C’est une phobie spécifique de type animal.

Que veut dire ophidiophobie ?

Elle signifie « peur des serpents », du grec ophis, « serpent », et de -phobie, « peur ». On dit aussi ophiophobie.

Comment prononcer ophidiophobie ?

O-fi-dio-fo-bi, le début se prononçant comme ophidien, \ɔ.fi.djɛ̃.

Comment s’appelle la peur des serpents ?

La peur des serpents s’appelle l’ophidiophobie, ou ophiophobie. On parle aussi de phobie des serpents.

Pourquoi a-t-on si peur des serpents ?

La recherche suggère que les humains ont une prédisposition naturelle à apprendre la peur des serpents : même les jeunes enfants les repèrent plus vite que d’autres choses. Une expérience effrayante, ou la peur d’un proche, peut ensuite transformer cette prédisposition en phobie.

La peur des serpents est-elle fréquente ?

Les serpents comptent parmi les cibles de peur les plus courantes. Il n’existe pas de chiffre mondial fiable pour la seule phobie des serpents, mais les phobies animales sont parmi les phobies spécifiques les plus fréquentes.

Comment ne plus avoir peur des serpents ?

Par une exposition progressive, répétée et sans danger : dessins, photos, vidéos, puis serpents inoffensifs derrière une vitre ou tenus par un soigneur, idéalement avec un psychologue formé aux TCC. Voir notre guide pas à pas.

Sources

  • Wiktionary. “ophidiophobia” (étymologie). en.wiktionary.org/wiki/ophidiophobia
  • Wiktionnaire. « ophidien » (prononciation). fr.wiktionary.org/wiki/ophidien
  • NHS. Phobias: overview. nhs.uk
  • Barnhill JW. Phobies spécifiques. Le Manuel MSD, version pour professionnels de la santé, révisé en avril 2026. msdmanuals.com
  • LoBue V, DeLoache JS. Detecting the snake in the grass: attention to fear-relevant stimuli by adults and young children. Psychological Science. 2008;19(3):284–289. doi:10.1111/j.1467-9280.2008.02081.x
  • DeLoache JS, LoBue V. The narrow fellow in the grass: human infants associate snakes and fear. Developmental Science. 2009;12(1):201–207. doi:10.1111/j.1467-7687.2008.00753.x
  • Öhman A, Mineka S. Fears, phobias, and preparedness: toward an evolved module of fear and fear learning. Psychological Review. 2001;108(3):483–522. doi:10.1037/0033-295x.108.3.483
  • Isbell LA. Snakes as agents of evolutionary change in primate brains. Journal of Human Evolution. 2006;51(1):1–35. doi:10.1016/j.jhevol.2005.12.012
  • Wardenaar KJ, Lim CCW, Al-Hamzawi AO, et al. The cross-national epidemiology of specific phobia in the World Mental Health Surveys. Psychological Medicine. 2017;47(10):1744–1760. doi:10.1017/S0033291717000174
  • Eaton WW, Bienvenu OJ, Miloyan B. Specific phobias. The Lancet Psychiatry. 2018;5(8):678–686. doi:10.1016/S2215-0366(18)30169-X
  • Fredrikson M, Annas P, Fischer H, Wik G. Gender and age differences in the prevalence of specific fears and phobias. Behaviour Research and Therapy. 1996;34(1):33–39. doi:10.1016/0005-7967(95)00048-3
  • Andersson G, Waara J, Jonsson U, Malmaeus F, Carlbring P, Öst LG. Internet-based exposure treatment versus one-session exposure treatment of snake phobia: a randomized controlled trial. Cognitive Behaviour Therapy. 2013;42(4):284–291. doi:10.1080/16506073.2013.844202
  • Carl E, Stein AT, Levihn-Coon A, et al. Virtual reality exposure therapy for anxiety and related disorders: a meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Anxiety Disorders. 2019;61:27–36. doi:10.1016/j.janxdis.2018.08.003

À lire aussi