Claustrophobie (peur des espaces clos) : définition, symptômes, causes et comment la vaincre
Dans cet article
- Que veut dire claustrophobie ?
- Comment prononcer claustrophobie ?
- Quelles situations déclenchent la claustrophobie ?
- Quels sont les symptômes de la claustrophobie ?
- Quelles sont les causes de la claustrophobie ?
- La claustrophobie est-elle fréquente ?
- Suis-je claustrophobe ? Une auto-évaluation rapide
- Comment vaincre la claustrophobie
- La réalité virtuelle peut-elle aider contre la claustrophobie ?
- FAQ

La claustrophobie, c’est la peur des espaces clos : une peur intense et durable d’être enfermé, coincé ou de ne pas pouvoir sortir, disproportionnée par rapport au danger réel, qui pousse à éviter les ascenseurs, les tunnels, le métro bondé, les petites pièces ou les appareils d’IRM. C’est une phobie spécifique de type situationnel. Le NHS, le service de santé britannique, la décrit comme une peur irrationnelle des espaces confinés et estime qu’environ 10 % des Britanniques en souffrent au cours de leur vie.
Cet article est une information générale, pas un avis médical. Si la peur des espaces clos gêne votre vie quotidienne, parlez-en à votre médecin ou à un psychologue formé aux thérapies cognitives et comportementales (TCC).
Que veut dire claustrophobie ?
Claustrophobie signifie « peur des lieux clos ». Le mot vient du latin claustrum, « lieu fermé », de claudere, « fermer », associé à -phobie, « peur », selon le Wiktionary. La même racine latine a donné le mot cloître.
Comment prononcer claustrophobie ?
On dit klos-tro-fo-bi. Le Wiktionnaire donne la prononciation \klos.tʁɔ.fɔ.bi. Celui qui en souffre est claustrophobe.
Quelles situations déclenchent la claustrophobie ?
Presque tout lieu qui paraît fermé, bondé ou difficile à quitter. Le NHS cite parmi les déclencheurs courants les ascenseurs, les tunnels, le métro, les toilettes publiques, les pièces dont la porte doit être fermée à clé, la voiture, l’avion et les chambres d’hôtel aux fenêtres condamnées. Dans la pratique, on entend souvent parler :
- des ascenseurs, surtout petits ou lents, et de la peur de rester coincé ;
- du métro, du train, de l’avion et de la voiture, surtout bondés ou quand on ne peut pas descendre ;
- des tunnels et des souterrains ;
- de la foule et des files d’attente, où les murs sont des gens plutôt que des briques ;
- de l’IRM, où l’on reste immobile plusieurs minutes dans un tube étroit.
Le simple fait d’y penser peut suffire à déclencher la peur.
Claustrophobie et IRM
L’IRM est l’endroit où la claustrophobie rencontre la médecine. Dans une cohorte de plus de 55 000 patients, Dewey et coll. (Journal of Magnetic Resonance Imaging, 2007) ont observé des réactions claustrophobes chez 2,1 % des personnes examinées dans un appareil classique, et chez 0,7 % avec un appareil plus récent, plus silencieux et au tunnel plus court. Le NHS conseille de prévenir l’équipe avant le jour de l’examen, de demander bien à l’avance la possibilité d’un sédatif, et indique que certains centres proposent des IRM ouvertes ou en position debout.
Quels sont les symptômes de la claustrophobie ?
Les symptômes apparaissent dans le lieu redouté, ou rien qu’en l’imaginant. Selon le NHS, certaines personnes ressentent une anxiété légère, d’autres une anxiété intense ou une attaque de panique, avec des symptômes physiques comme :
- un cœur qui s’emballe, des sueurs, des tremblements ;
- un essoufflement ou une sensation d’oppression dans la poitrine ;
- une boule au ventre, des nausées, une envie pressante d’aller aux toilettes ;
- une sensation de confusion ou de désorientation, voire, dans les formes sévères, l’impression d’être détaché de son corps.
Vient ensuite l’évitement : prendre l’escalier, choisir la place côté couloir, éviter les tunnels ou le métro, repousser un examen. La peur peut sembler envahissante même quand on sait qu’on est en sécurité.
Quelles sont les causes de la claustrophobie ?
Il n’y a pas de cause unique connue. Le NHS explique que la claustrophobie est souvent liée à une expérience effrayante dans la petite enfance, comme avoir été coincé ou enfermé dans un espace étroit, et qu’un enfant peut aussi l’apprendre d’un parent qui en souffre. Des expériences désagréables plus tard dans la vie, comme des turbulences en avion ou un métro bloqué dans un tunnel, peuvent aussi la déclencher. Le Manuel MSD rappelle que les causes des phobies en général sont inconnues.
Quelle que soit l’origine, l’évitement l’entretient : chaque fuite soulage, et ce soulagement apprend au cerveau que fuir était nécessaire.
- 1Déclencheurun petit ascenseur arrive
- 2La peur montele cœur s’emballe
- 3Évitementvous prenez l’escalier
- 4Soulagement brefla peur retombe un moment
- 5La peur resterien n’a changé ensuite
- et la boucle recommence
Les travaux de Craske et coll. (Behaviour Research and Therapy, 2014) montrent qu’un nouvel apprentissage, plus rassurant, se fait quand on reste et qu’on constate que ce qu’on redoutait (manquer d’air, rester enfermé) n’arrive pas.
La claustrophobie est-elle fréquente ?
La claustrophobie fait partie des phobies les plus répandues :
- le NHS estime qu’environ 10 % des Britanniques en souffrent au cours de leur vie ;
- sur 25 enquêtes menées dans 22 pays, environ 7,4 % des adultes ont eu une phobie spécifique, tous types confondus, au cours de leur vie, le plus souvent apparue dans l’enfance (Wardenaar et coll., Psychological Medicine, 2017) ;
- dans une étude de population suédoise, les phobies situationnelles, le groupe qui comprend les espaces clos, concernaient 17,4 % des femmes et 8,5 % des hommes au moment de l’enquête (Fredrikson et coll., Behaviour Research and Therapy, 1996).
Les chiffres varient selon les pays et la définition retenue : retenez-les comme des ordres de grandeur.
Suis-je claustrophobe ? Une auto-évaluation rapide
Ce n’est pas un test et cela ne permet aucun diagnostic. Cette liste reprend le résumé des critères du DSM-5-TR pour la phobie spécifique dans le Manuel MSD, et sert seulement à vous aider à décider d’en parler à un professionnel.
Comment vaincre la claustrophobie
La méthode la mieux validée pour vaincre la claustrophobie est l’exposition progressive, au cœur des thérapies cognitives et comportementales : on s’approche des espaces clos par petites étapes, on reste assez longtemps pour constater que ce qu’on redoute n’arrive pas, et on recommence jusqu’à ce que l’ascenseur, le métro ou l’IRM deviennent supportables. Le NHS cite les TCC et la thérapie d’exposition parmi les traitements de la claustrophobie.
Elle fonctionne bien. Dans un essai randomisé auprès de 46 personnes claustrophobes, Öst et coll. (Behaviour Research and Therapy, 2001) ont constaté qu’environ 80 % allaient nettement mieux après le traitement, qu’il s’agisse d’une seule séance d’exposition de trois heures, de cinq séances d’exposition ou de cinq séances de thérapie cognitive, contre 18 % dans le groupe en liste d’attente.
Notre guide pas à pas explique comment construire une échelle de peur, combien de temps rester, à quel rythme s’entraîner et quand se faire aider : Comment vaincre la claustrophobie.
La réalité virtuelle peut-elle aider contre la claustrophobie ?
La réalité virtuelle permet de s’entraîner aux premières marches d’une échelle (un ascenseur, un couloir, une petite pièce) quand on est prêt, en gardant le contrôle et une sortie à tout moment. Les premiers travaux de Botella et coll. (Behaviour Research and Therapy, 1998) ont traité la claustrophobie par la seule exposition en réalité virtuelle, avec des progrès toujours présents au suivi ; il s’agissait d’études de cas, pas d’essais. Pour les phobies spécifiques en général, une méta-analyse de 30 essais randomisés a trouvé l’exposition en réalité virtuelle aussi efficace que l’exposition réelle (Carl et coll., Journal of Anxiety Disorders, 2019). Pour en savoir plus : pourquoi la réalité virtuelle marche contre les phobies (en anglais).
FAQ
Qu’est-ce que la claustrophobie ?
La claustrophobie est la peur des espaces clos : une peur intense et durable d’être enfermé ou de ne pas pouvoir sortir, disproportionnée par rapport au danger réel, qui pousse à l’évitement. C’est une phobie spécifique de type situationnel.
Que veut dire claustrophobie ?
Elle signifie « peur des lieux clos », du latin claustrum, « lieu fermé », et de -phobie, « peur ».
Comment prononcer claustrophobie ?
Klos-tro-fo-bi, soit \klos.tʁɔ.fɔ.bi\ en notation phonétique.
Quelles sont les causes de la claustrophobie ?
Elle est souvent liée à une expérience effrayante dans l’enfance, comme être resté coincé dans un petit espace, ou apprise d’un parent qui en souffre. Des expériences plus tardives, comme un métro bloqué dans un tunnel, peuvent aussi la déclencher. L’évitement entretient la peur.
La claustrophobie est-elle fréquente ?
Le NHS estime qu’environ 10 % des Britanniques souffrent de claustrophobie au cours de leur vie.
La claustrophobie se soigne-t-elle ?
Elle répond bien au traitement. Dans un essai, environ 80 % des personnes claustrophobes allaient nettement mieux après une thérapie par exposition, y compris après une seule séance de trois heures.
Que faire si je suis claustrophobe et que je dois passer une IRM ?
Prévenez l’équipe avant l’examen, demandez à l’avance la possibilité d’un sédatif et renseignez-vous sur les IRM ouvertes ou en position debout. S’entraîner à l’exposition avant l’examen aide aussi.
Sources
- NHS. Claustrophobia. nhs.uk/mental-health/conditions/claustrophobia
- Wiktionary. “claustrophobia” (étymologie). en.wiktionary.org/wiki/claustrophobia
- Wiktionnaire. « claustrophobie » (prononciation). fr.wiktionary.org/wiki/claustrophobie
- Barnhill JW. Phobies spécifiques. Le Manuel MSD, version pour professionnels de la santé, révisé en avril 2026. msdmanuals.com
- Dewey M, Schink T, Dewey CF. Claustrophobia during magnetic resonance imaging: cohort study in over 55,000 patients. Journal of Magnetic Resonance Imaging. 2007;26(5):1322–1327. doi:10.1002/jmri.21147
- Wardenaar KJ, Lim CCW, Al-Hamzawi AO, et al. The cross-national epidemiology of specific phobia in the World Mental Health Surveys. Psychological Medicine. 2017;47(10):1744–1760. doi:10.1017/S0033291717000174
- Fredrikson M, Annas P, Fischer H, Wik G. Gender and age differences in the prevalence of specific fears and phobias. Behaviour Research and Therapy. 1996;34(1):33–39. doi:10.1016/0005-7967(95)00048-3
- Craske MG, Treanor M, Conway CC, Zbozinek T, Vervliet B. Maximizing exposure therapy: an inhibitory learning approach. Behaviour Research and Therapy. 2014;58:10–23. doi:10.1016/j.brat.2014.04.006
- Öst LG, Alm T, Brandberg M, Breitholtz E. One vs five sessions of exposure and five sessions of cognitive therapy in the treatment of claustrophobia. Behaviour Research and Therapy. 2001;39(2):167–183. doi:10.1016/s0005-7967(99)00176-x
- Botella C, Baños RM, Perpiñá C, Villa H, Alcañiz M, Rey A. Virtual reality treatment of claustrophobia: a case report. Behaviour Research and Therapy. 1998;36(2):239–246. doi:10.1016/s0005-7967(97)10006-7
- Carl E, Stein AT, Levihn-Coon A, et al. Virtual reality exposure therapy for anxiety and related disorders: a meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Anxiety Disorders. 2019;61:27–36. doi:10.1016/j.janxdis.2018.08.003


